Charge de travail toujours plus importante et  incontrôlée, responsabilités croissantes, objectifs de plus en plus élevés… la pression au travail devient très forte et le stress vous envahit. Attention, votre santé est menacée ! Car des conditions de travail particulièrement tendues ont un véritable impact sur votre santé.

 

I - Le boulot, une usine à stress !

 

 

Le travail est de plus en plus stressant ! Ce n'est pas seulement une impression, mais le résultat de nombreuses enquêtes. Et le problème touche tous les étages de la hiérarchie. D'où vient cette tendance ? Tous les milieux sont-ils concernés ? Etat des lieux de la tension croissante en entreprise…

 

 

La vie en entreprise est loin d'être un long fleuve tranquille. Et cela semble de plus en plus vrai. Le stress est votre ennemi ! Non seulement il n'améliore pas votre productivité, mais il peut menacer votre santé. Stop !

 

 

Trop de pression…

 

 

Hausse du chômage, augmentation du travail précaire, licenciements, réductions d’effectifs immodérés, salariés chargés comme des mules… le monde du travail traverse une crise. Sans compter les éventuelles brimades et autres harcèlement qui semblent se multiplier. Mais assiste-t-on à une véritable augmentation de la pression ou s'agit-il de la mise en lumière d'un phénomène existant aujourd'hui largement relaté par les médias ? Selon les travaux de la Fondation Européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail, 28 % des Européens déclarent que leur travail est source de stress. La France serait depuis peu dans le peloton de tête des salariés les plus stressés.

 

 

De plus en plus de stress ?

 

 

Le stress au travail semble avoir fortement augmenté ces dernières années. Pour le Conseil Economique et Social qui vient de publier un rapport sur les nouveaux risques pour la santé des salariés, la faute incombe aux nouvelles organisations du travail. La mondialisation, et la concurrence qui l'accompagne seraient ainsi en ligne de mire. Selon ce rapport, le travail est de plus en plus intense et les marges de manoeuvre de plus en plus restreintes. Au rang des causes du stress : un isolement croissant des salariés et une disparition d'une organisation plus collective.

 

 

Les cadres en première ligne

 

 

Selon les travaux de la Fondation Européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail, il existe de profondes différences en matière de stress, selon le métier et le domaine d'activité. Ainsi, les moins stressés en Europe sont les ouvriers, employés… et militaires ! A l'autre bout de l'échelle, on trouve les techniciens, cadres et scientifiques. 30 à 40 % d'entre eux ressentent un stress quotidien dans leur emploi. Une tendance confirmée par un sondage du Figaro Entreprises et de la Confédération Française de l'encadrement réalisé en avril 2004. Selon cette enquête, les cadres ont majoritairement l'impression que leur charge de travail est plus lourde, qu'ils doivent travailler plus vite, et que leurs efforts ne sont pas reconnus à leur juste valeur… Une autre enquête, réalisée par l'Usine nouvelle et le cabinet Stimulus en février 2004, souligne la plus grande pression dont sont victimes les femmes. Mais apparemment cette tendance serait en train de s'inverser…

 

 

Une meilleure protection ?

 

 

Aujourd'hui, il existe une véritable prise de conscience des menaces qui pèsent sur la santé mentale des salariés. Ainsi, de nouvelles lois ont été votées, telle que la reconnaissance du harcèlement moral (en 2002). De même, l'employeur a obligation de faire de la prévention en matière de santé physique mais aussi mentale. Enfin, de nombreux cabinets de coaching et autres organes de formation se sont spécialisés dans la gestion du stress en entreprise. Ils rencontrent un succès grandissant. Les dirigeants ont bien du mal à comprendre, chasser le stress est essentiel pour la santé des salariés… et de l'entreprise !

 

 

Souffrance au travail : consultez !

 

 

Face à la montée des problèmes de harcèlement moral et de stress, plusieurs consultations médicales dédiées aux problèmes dans l'entreprise se sont montées dans toute la France. Depuis 1999, l'hôpital Raymond Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine) propose ainsi deux fois par semaine une consultation 'Souffrance et Travail'. Plus de 500 personnes sont venues trouver de l'aide ou une simple écoute en 2003. 'Au lancement de la consultation, il y avait un seul médecin. Aujourd'hui, nous sommes trois, avec une psychologue' souligne le Dr Marie-Christine Soula. Mais comment s'explique cette augmentation du nombre de cas ? 'Cela tient à la fois d'une évolution des conditions de travail et d'une meilleure information des employés, des médecins généralistes et des médecins du travail' souligne le Dr Françoise Coudurier. Dans le détail, il n'existe pas de profil type des personnes en souffrance, même s'il semble y avoir plus de femmes et plus de cadres. A propos de l'âge, tout le monde semble concerné, comme le souligne le Dr Coudurier : 'nous voyons aussi bien des personnes de 50 ans que l'on accuse de ne plus être adaptées à l'entreprise, que des jeunes diplômés qui se retrouvent dans un travail complètement différent de celui pour lequel ils sont embauchés' ! La consultation 'Souffrance et travail' permet alors de trouver une écoute, des conseils et des pistes pour changer la situation et retrouver ses repères. Et aujourd'hui, la consultation s'oriente aussi vers le soutien psychologique, avec des outils tels que les thérapies comportementales et cognitives.

 

 

Burn-out : quand le travail vous épuise !

 

 

Fatigué(e), découragé(e), démotivé(e)… tout n'est plus aussi rose au travail et vous avez du mal à vous lever chaque matin. Attention, vous êtes peut-être touché par le burn-out, ce fameux syndrome d'épuisement professionnel. Comment redresser la barre et retrouver l'énergie nécessaire ?

 

 

En 1980, un psychanalyste américain, Herbert J. Freudenberger, sortait un livre sur un phénomène d'épuisement professionnel qu'il nomma burn-out. Ceci en référence à un 'incendie intérieur' : comme pour un immeuble dans lequel le feu aurait pris, il peut laisser les gens vidés intérieurement mais d'apparence intacts…

 

 

Un stress permanent

 

 

Dans le détail, les victimes de cette maladie professionnelle vont s'épuiser mentalement et physiquement en essayant d'atteindre des objectifs irréalisables ou d'accomplir des tâches insurmontables. Le burn-out semble souvent survenir tout d'un coup, pourtant il est le résultat d'un processus lent, d'une tension continue durant de longs mois ou années jusqu'à l'épuisement.

 

 

Tous concernés

 

 

Personne n'est à l'abri de ce syndrome. Et pour cause, la pression est de plus en plus forte, les exigences de plus en plus poussées et le risque de se retrouver sans travail bien réel. Certains aspects de la personnalité peuvent parfois 'prédisposer' au burn-out : une plus forte propension à l'anxiété ; une conscience professionnelle trop poussée ; le perfectionnisme ; le désir de plaire ; l'incapacité à déléguer…

 

 

De la fatigue à l'indifférence…

 

 

Les symptômes du burn-out sont nombreux. Le premier, et le plus facilement identifiable, est une fatigue continue, accompagnée d'épuisement mental, de déprime, de démotivation… Une baisse de l'estime de soi, un sentiment d'incompétence… mais aussi l'irritabilité ne sont pas à négliger. Attention des troubles psychosomatiques peuvent s'installer (maux de tête, de dos…) et les arrêts de travail se multiplier. Si les choses continuent ainsi, c'est la dépression qui guette…

 

 

Reconnaître les signes

 

 

Comment savoir si vous êtes momentanément fatigué ou si vous souffrez de burn-out ? Plusieurs signes peuvent vous mettre la puce à l'oreille, notamment s'ils sont présents depuis quelque temps :

 

 

  • Vous vous fatiguez plus facilement et avez souvent des difficultés pour vous lever le matin.

     

  • Vous travaillez de plus en plus alors que votre rendement diminue constamment ;

     

  • Vous avez l'impression que vos efforts sont rarement remarqués ;

     

  • Vous avez une attitude plus désabusée ;

     

  • Vous oubliez parfois vos rendez-vous ;

     

  • Vous êtes plus irritable ;

     

  • Vous voyez de moins en moins votre famille et vos amis intimes.

     

Mais bien sûr ces signes ne sont ni nécessaires, ni suffisants pour déclarer que vous souffrez de burn-out. En fait les manifestations de ce trouble varient grandement d'un individu à l'autre.

 

 

 

 

Comment s'en sortir ?

 

 

Pour sortir du burn-out, il est souvent indispensable de se faire aider. Une thérapie peut être d'un secours précieux. La guérison passe par un retour sur soi, afin dévaluer ses aspirations professionnelles profondes et ses limites.

 

 

Ainsi, il devient possible de connaître ses domaines de prédilections et de se fixer des objectifs réalistes. Il est nécessaire également de renouer le dialogue avec autrui, réapprendre le travail d'équipe et les relations avec des collègues. Enfin, il ne faut pas oublier de s'occuper de soi et ne pas négliger son quotidien en dehors du travail. L'important est de veiller à garder un équilibre physique et mental intact, en composant entre travail et vie privée, afin de retrouver la joie de vivre… et d'aller travailler !

 

 

 

 

Suicide : le monde du travail en accusation

 

 

Le travail peut se révéler à l’origine d’un mal-être profond. Conflits sociaux et relation au travail sont souvent cités dans les facteurs de risque de la crise suicidaire.

 

 

Activité humaine par excellence, le travail est supposé anoblir l'homme et participer à l'élaboration de son identité sociale. Qu'en est-il aujourd'hui à l'heure de la mondialisation qui impose ses propres lois, en faisant peu de cas de la valeur humaine inscrite en chacun ? Autrefois valeur ajoutée, celle-ci se dilue dans l'anonymat au rythme des restructurations de société, des reprises successives, des choix stratégiques qui ne s'accompagnent d'aucune explication.

 

 

Perte de contrôle…

 

 

Progressivement le travail, lorsqu'il est préservé, se retrouve vide de sens. La privation d'emploi devenue monnaie courante plonge, quant à elle, l'individu dans le désarroi, l'isolement tandis quelle lui ôte toute chance de surmonter cette épreuve faute dune reconversion programmée. Toxicomanies, accès de violence, tentatives de suicide signent alors la souffrance de ces individus dépossédés, humiliés qui après avoir perdu le contrôle de leur situation, perdent celui de leurs nerfs et trop souvent de leur vie…

 

 

Vers l'amplification et la généralisation des conflits sociaux

 

 

L'actualité a récemment mis en lumière de nouvelles tragédies sociales qui commencent par la faillite d’une société, son rachat par un groupe peu scrupuleux, le licenciement des 2/3 de ses salariés, leur révolte qu'ils expriment dans la multiplication d'actes de violence en tout genre avant de la retourner contre eux-mêmes. Les stratégies économiques brutales font abstraction du facteur humain, entraînant des drames en cascade qui se soldent par des dépressions, des tentatives de suicide ou des suicides avérés...

 

 

Dans les restructurations de filières à l'échelon national ou international, les groupes tranchent dans le vif sans prendre en considération l'avenir de salariés, souvent peu qualifiés ! Face à des restructurations, des délocalisations qui se multiplient et se succèdent parfois au rythme de trois en trois ans, le choix se pose entre un liquidateur ou un repreneur. Les deux licencieront de toute façon une bonne partie du personnel, qui faute d'une véritable politique de formation professionnelle ne pourra se reclasser.

 

 

Attachement viscéral à l'entreprise et déplacement des valeurs au bénéfice de l'entreprise, au détriment de la famille

 

 

Un conflit qui éclate est difficilement maîtrisable car il potentialise toutes les rancoeurs, les humiliations subies par des individus attachés depuis parfois 20 ans à leur entreprise. Bien au-delà des revendications pour des augmentations de salaires, ces smicards réclament de la considération, le respect de leur outil de travail et ne peuvent y renoncer sous prétexte que la société fait faillite. Souvent plus attachés à leur cercle de collègues de travail qu'à leur famille, dépourvus d'autres alternatives professionnelles, ils sont incapables de réagir. De nombreuses fermetures ont bien montré que le plus pénible n'est pas seulement de rendre les clefs, mais de se séparer. Détresse psychique, violence, actes de vandalisme, incendies provoqués, séquestrations, tendances suicidaires ponctuent alors leur descente aux enfers dominée par l'absence de toute perspective possible. Face à un avenir professionnel désormais confisqué, inexistant, la famille et le couple souvent en difficulté ne peuvent plus jouer leur fonction de rempart. En l'absence d’autres identifications possibles, la vie se résume à l'entreprise qui va fermer.

 

 

Un cocktail détonnant

 

 

Humiliations + Impuissance + Manque de perspective + Absence de dialogue et d'interlocuteur sur fond de manque de qualification : le cumul fabrique un cocktail détonant. Très lisibles dans leur déroulement, les conflits qui, chez Lewis, mettaient en scène 514 licenciements et seulement 80 reclassements deux ans et demi plus tard sont l'expression d'un ras-le-bol et du désespoir de centaines de laissés pour compte. Ballottés entre les mains de repreneurs successifs, ils assistent impuissants à leur propre destruction, parfois sans aucune explication. Seule issue : le rapport de force, la réaction épidermique comme chez Cellatex qui a connu 153 licenciements et seulement 15 reclassements, 10 mois plus tard car il n'y a plus d'autres choix possibles. Les 900 personnes évacuées en raison des menaces d'explosion qui pesaient sur le site de Cellatex l’ont bien compris en apportant leur soutien moral aux salariés de l'usine. Le bilan est dramatique : une quarantaine de tentatives de suicide, sans même parler des dépressions nerveuses, conduites alcooliques et 3 suicides féminins, dont deux chez Lewis touchant des femmes de moins de 40 ans.

 

 

Les cadres et les seniors touchés

 

 

Les cadres ne sont nullement épargnés et souffrent autant sinon plus des nouvelles orientations qu'adopte le management. Plus isolés que les salariés finalement mieux défendus, constamment malmenés, soumis à une politique d'humiliation et à des stress non négligeables, ils font les frais de ces nouvelles exigences. Ils subissent une pression importante découlant des exigences de rentabilité, de compétition. L'arrivée sur le marché de jeunes diplômés fragilise leur position dans l'entreprise. L'avancée en âge contribue à les exclure progressivement des structures dans lesquelles ils se montraient opérationnels. Force est de constater que toutes les sphères sont désormais concernées par l'ampleur de ces mutations industrielles.

 

 

Comment réagir ?

 

 

Quelles parades proposer face à la multiplication des cessions sauvages d'entreprise ? Quelques pistes :

 

 

  • Responsabiliser les entrepreneurs.

     

Il importe de refuser le transfert du plan social vers le repreneur tel qu 'il se pratique habituellement afin d'éviter d'avoir à gérer les conflits sociaux. Cette dilution des responsabilités doit conduire à une révision du code du travail, encore muet sur ce chapitre. Il s'agit, en cas de cession de société, d'exiger la co-responsabilité du vendeur pendant une durée minimale de 2 ans afin qu'il assume ses devoirs. Actuellement, les dédommagements des préjudices sont dérisoires et le suivi médical des salariés inexistant.

 

 

  • Faciliter le dialogue par la mise en place de nouveaux interlocuteurs.

     

Hormis les collègues de travail qui sont les premiers confidents, la réhabilitation du médecin de travail dans une optique de prévention pourrait, à condition de lui rendre son autonomie, permettre de repérer les dépressions, les phénomènes de harcèlement moral, sexuel, les souffrances psychiques trop importantes avant quelles ne soient irréversibles et conduisent au passage à l'acte.

 

 

Trop longtemps considérés comme l'oreille ou l'espion des dirigeants, les médecins du travail méritent d'être réintroduits dans le circuit de prévention, d'autant qu'ils furent les premiers à attirer l'attention sur le harcèlement moral en entreprise. Si leur capacité d'intervention à l'échelon individuel est encore limitée, ils peuvent en cas d'extrême urgence soustraire l'intéressé au harcèlement, après examen médical.

 

 

Le DRH, de nouvelle génération, est généralement bien informé de la biographie des salariés. Il est aujourd'hui en mesure de mieux comprendre les drames qui se jouent au sein et à l'extérieur de l'entreprise. Désormais mieux sensibilisé à la prévention du suicide, il devient l'un des acteurs possibles.

 

 

  • Créer une cellule psychologique

     

Il faut aller vers la création dune cellule psychologique rassemblant médecins et psychologues rémunérés par la société pour soutenir et accompagner les salariés en cas de reprise et de façon plus systématique pour permettre un espace d'écoute et éviter les dérapages. Opérationnelle à Hellemmes lors du conflit qui, en août 2001, a touché l'usine textile de Mosley, ce projet est né d’une revendication qui na pu aboutir lors du conflit Cellatex. Cette mesure ponctuelle a permis de suivre efficacement les salariés pendant 2 ans au plan médical et psychologique. On peut aussi revaloriser la fonction du Comité d'Hygiène et de Sécurité pour le rendre plus actif dans le circuit de la prévention.

 

 

  • Rendre la formation professionnelle obligatoire

     

Cette possibilité proposée tous les cinq ans permettrait aux salariés de pouvoir se réinsérer dans une autre activité en cas de perte d'emploi. A quoi peut prétendre un ouvrier du textile dont l'horizon professionnel s’est limité à coudre des fermetures de 5 cm pendant 20 ans, dès lors que son entreprise est rachetée ? L'évolution professionnelle au sein d’une même entreprise, qui se mesure à la capacité de gravir les échelons, devrait de même être encouragée.

 

 

  • Arrêter le harcèlement moral

     

Il est essentiel de combattre le harcèlement moral en instaurant une prévention efficace et des sanctions punissant les harceleurs. Cette extrême violence, plus répandue qu'il n’y paraît, représente une infraction vis-à-vis de la dignité humaine et du droit du travail. Sous la pression des associations, on étudie actuellement la possibilité de protéger les témoins qui se manifesteraient d'un éventuel renvoi. Indépendamment des attitudes visant à prévenir ce type d'excès, il existe toute une panoplie de sanctions, votées en décembre 2001, plus ou moins lourdes au nombre desquelles figurent un an d'emprisonnement systématique et une amende de 15 000 €uros. De plus en plus répandu, ce harcèlement psychologique s’exerce de façon insidieuse et vise la destruction et l'aliénation de l'autre. Les victimes sont le plus souvent des femmes et les persécuteurs majoritairement des hommes épris de pouvoir. Brimades, quarantaine, agressions verbales, réflexions désobligeantes, tout est bon pour fragiliser et isoler la victime qui vit chaque jour dans la terreur. Les incitations au suicide par perte de l'estime de soi ne sont pas rares.

 

 

>>Consultez notre dossier :  http://www.e-monsite.fr/sudchimie/rubrique-1072298.html

 

 

  • Combattre le harcèlement sexuel

     

Dénoncé dès 1987, le harcèlement sexuel a donné lieu à un projet de loi en 1992. La France fut l'un des premiers pays à s'insurger contre cet abus et à adopter une législation efficace depuis 1994 qui prévoit une amende de 15 000 €uros assortie d'un an d'emprisonnement. Il représente une autre facette de la violence et porte atteinte à l'état psychique de la victime.

 

 

  • Vers une sécurité sociale professionnelle

     

Réintroduire la considération humaine et le respect de la dignité, comme préalable à toute approche apparaît indispensable pour redonner au travail toute sa valeur. Est-ce suffisant pour combattre la brutalité de la politique économique et la violence inhérente au harcèlement ?

 

 

La pleine mesure des risques de dérapage incite à proposer la construction d’une sécurité sociale professionnelle qui protégerait le salarié de l'exclusion, et des diverses atteintes narcissiques qui font le lit de la dépression et du suicide.

 

 

 

 

 

II - Apprendre à maîtriser le stress au travail

 

 

Au travail, vous vous sentez fatigué, irritable, vous avez perdu de votre concentration ou de votre enthousiasme, vous multipliez les petits problèmes de santé… Attention, vous souffrez peut-être de stress. Le stress est votre ennemi ! Non seulement il n'améliore pas votre productivité, mais il peut menacer votre santé. Stop !

 

 

D’après un sondage CSA (juillet 2000), “trois salariés sur quatre se disent concernés” par le stress, en particulier en raison d’une surcharge de travail, de délais difficiles à respecter, d’exigences de plus en plus fortes de clients ou une cadence trop rapide. Stop au stress ! Omniprésent, le stress est bien souvent un compagnon dont on rêve de se débarrasser. Pressions au travail, tensions au foyer. On ne compte plus les stresseurs qui nous entourent.

 

 

Vivre sous pression…

 

 

Le stress est avant tout une réaction normale d’adaptation à une situation. Dans une société qui demande toujours plus de productivité, certaines personnes auront besoin de situations d’urgence, de conflits ou de complexité pour se dépasser et travailler de façon efficace. D’autres, au contraire, réagiront plus violemment à ce qui leur semble être une agression. Si le stress est interrompu, l’équilibre revient. Mais s’il devient chronique, il y a danger, car il pompe beaucoup d’énergie en demandant constamment à l’organisme de s’adapter. Il modifie l’équilibre nerveux et hormonal et baisse les capacités de concentration et de productivité. Sans oublier les retombées psychologiques plus ou moins sévères, et les problèmes cardio-vasculaires, comme l’hypertension, qu’il peut générer.

 

 

Qu’est-ce que le stress ?

 

 

Pour bon nombre d’entre nous, le stress est un concept fourre-tout désignant un vague sentiment de malaise. Et pourtant il est une réaction biologique bien réelle à une stimulation extérieure physique, psychique ou sensorielle. Plus précisément, c’est un quasi-réflexe qui se décompose en trois phases : alarme, résistance, épuisement.

 

 

Attention à ne pas dépasser le point critique

 

 

Si le stress perdure et que votre organisme est incapable de faire face car les dépenses énergétiques nécessaires sont trop importantes, vous passez à une phase d’épuisement. Vos défenses immunitaires perdent du terrain, ce qui vous rend extrêmement sensible aux agressions extérieures. Vous êtes dans un état de tension excessive. Votre soupape de sécurité explose. Apparaissent alors la fatigue, la colère, voire même la dépression.

 

 

Il n’y a pas de causes précises et établies au stress. Il n’est jamais une réponse automatique ni invariable. Face à une même situation, les individus réagissent différemment. Reste qu’il existe des facteurs aggravants : certaines périodes de la vie, certains états psychiques, … durant lesquels votre organisme est plus sujet à développer des réactions en spirale.

Appréhender le stress

 

 

Il n’y a pas de remède miracle contre le stress. Pour bien vivre sa vie au travail, il faut accepter l’existence de pressions et les identifier. A chacun d’élaborer la stratégie qui lui convient. Dans la plupart des cas, ce n’est pas la situation stressante qui compte le plus, mais plutôt la valeur qu’on lui accorde.

 

 

Dans un premier temps, la connaissance de soi, la lucidité et le recul par rapport à une situation, sont des armes pour s’accommoder ou réduire le stress. Ensuite, pour apprendre à lutter contre le stress il faut apprendre à analyser les conflits afin d’en extraire des données positives, relativiser les choses, avoir confiance en soi, se protéger et tirer des leçons des échecs.

 

 

Prenez soin de vous, soyez zen !

 

 

L’hygiène de vie et un comportement adapté contribuent à atténuer le stress.

 

 

  • Evitez le tabac, la caféine ou l’alcool qui, dans un premier temps, calment le stress mais, à la longue, ne font que renforcer l’angoisse ;

     

  • Ayez une alimentation équilibrée, éventuellement complétée par des vitamines et des oligoéléments ;

     

  • Cultivez une ambiance familiale et sociale harmonieuse ;

     

  • Au travail, apprenez à dire non, à déléguer, à communiquer ;

     

  • Faites-vous plaisir : à l’heure du déjeuner, prenez la poudre d’escampette et partagez votre repas, hors du lieu de travail, avec des gens que vous appréciez. Le soir, faites un petit break avant de rentrer chez vous : promenez-vous, allez voir une expo, faites un peu de shopping…

     

  • Aménagez-vous des loisirs, trouvez de nouveaux centres d’intérêt : votre vie ne doit pas être uniquement centrée sur le travail ;

     

  • Détendez-vous : l’exercice physique (marche, gymnastique, yoga, stretching, sauna…) est essentiel pour diminuer les effets du stress ;

     

  • Essayez, enfin, de dormir correctement, sans l’aide systématique de traitement médicamenteux. La qualité du sommeil conditionne la forme physique et l’équilibre psychique de la journée.

     

Quand le stress s’installe…

 

 

Si n’arrivez pas à gérer une situation de stress qui se prolonge, prenez rendez-vous avec votre médecin de famille ou un médecin du travail. Le premier vous prescrira éventuellement du repos ou un traitement médicamenteux adapté. Le second interviendra, si nécessaire, au sein de votre entreprise et pourra préconiser, par exemple, un nouvel aménagement du temps de travail.

 

 

 

 

***

 

 

Gardez votre calme en toutes circonstances !

 

 

Que vous viviez une situation de stress professionnel, que vous vous preniez le bec avec votre conjoint ou que votre enfant fasse une colère, il est bien difficile de rester calme quand tout s'agite autour de vous, et en vous ! Comment rester serein face à n'importe quel problème ?

 

 

C'est toujours pareil : lorsque vous êtes stressé, en colère ou qu'un grain de sable se glisse dans la mécanique bien réglée de votre vie, impossible de garder votre calme ! C'est la panique, ce qui ne fait qu'empirer la situation. Comment apprendre à lâcher prise, répondre au mieux à cette tension qui vous envahit et gérer ce qui vous contrarie ? Règle numéro un : on se calme !

 

 

Doser ses émotions

 

 

Votre vie est rythmée par des moments plus ou moins stressants, plus ou moins heureux et plus ou moins prévus. Pour y faire face, il faut apprendre à se maîtriser, à doser ses émotions, ses réactions, et ne pas craquer dès qu'un obstacle s'annonce sur votre passage. Ainsi, que vous soyez coincé dans un embouteillage ou au bord de la crise de nerf parce que vos enfants hurlent depuis une heure, la solution n'est pas de vous mettre à hurler à votre tour.
Quelques conseils pour rester calme quand vous avez l'impression que le ciel va vous tomber sur la tête : prenez déjà le temps de respirer profondément avant de dire et de faire quoi que ce soit. Puis essayez d'être le plus objectif possible : analysez la gravité de la situation, pensez aux ressources que vous avez pour affronter le problème, et donc aux solutions que vous adopterez pour le résoudre. Si vous arrivez à faire cela, vous êtes déjà sur la bonne voie.

 

 

Faites-vous aider !

 

 

Pensez aussi à la relaxation qui peut vous permettre d'apprendre à retrouver votre calme en toutes circonstances. Il existe un grand nombre de techniques très variées, en groupe ou en individuel, chez soi, au travail, ou dans un cours spécialisé. Respiration, étirements et travail sur les sensations corporelles font partie des exercices types en relaxation qui changeront votre manière d'appréhender et de gérer les événements difficiles.
Soyez réalistes, car vous n'êtes ni Superman, ni Wonderwoman et si un problème vous dépasse, pensez à faire appel à quelqu'un d'extérieur. C'est en reconnaissant vos limites, en partageant cet obstacle avec d'autres que vous vous en sortirez mieux la prochaine fois. Relativisez aussi vos erreurs et les difficultés que vous rencontrez, elles font partie de la vie. Si, toutefois, vous éprouvez de réelles difficultés à vous détendre et vous sentez souvent angoissé, pensez à consulter un spécialiste.

 

 

Calme et qualité de vie

 

 

Il est bon parfois de s'emporter un peu, cela peut vous permettre d'obtenir ce que vous voulez, mais sachez aussi vous contrôler et garder votre calme, cela vous apportera une qualité de vie bien meilleure. Surtout dans un monde où tout est rapide, où le silence est rare et où il peut être difficile de trouver un moment de tranquillité.
N'oubliez pas que la panique mène à la panique, alors optez plutôt pour l'attitude zen ! Vous verrez que cela servira à votre bonheur et à celui des gens qui vous entourent
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Apprenez à vous relaxer !

 

 

Le stress est votre ennemi ! Non seulement il n'améliore pas votre productivité, mais il peut menacer votre santé. Stop ! Apprenez à vous détendre.

 

 

On a l'impression de vivre entouré de personnes 'stressés'. Comment expliquer cette situation ?

 

 

Le monde a considérablement changé ces cent dernières années et donc les stresseurs auxquels nous sommes confrontés ont eux aussi beaucoup évolué ! Dans le passé la 'quantité' de stresseurs, c'est-à-dire de situations difficiles à vivre, autant au niveau travail que familial, était probablement plus importante encore qu'actuellement : dans les années 30, un ouvrier travaillait plus de 70 heures par semaine à un rythme infernal sans aucune sécurité de l'emploi, la mortalité infantile était très importante et la vie familiale difficile… Bref, les stresseurs étaient donc certainement plus nombreux et les enjeux plus vitaux qu'aujourd'hui. Imaginons une intervention chirurgicale, en début de siècle, avec peu ou pas d'anesthésie ; cela ne devait pas être particulièrement relaxant mais plutôt assez traumatique.
Actuellement nous ne sommes plus confrontés aux mêmes problèmes. Sur le plan professionnel, les salariés se plaignent surtout des changements fréquents et de la nécessité de s'adapter, de la quantité d'informations et de décisions à prendre, de difficultés relationnelles, depuis les problèmes de communication parfois jusqu'au harcèlement… Sur le plan familial, nous arrivons à plus de 50 % de divorces en région parisienne et nous ne pouvons plus élever nos enfants comme il y a 50 ans, ce qui n'est pas plus mal mais nécessite également une bonne aptitude au changement et une bonne tolérance à l'incertitude. En résumé si la quantité de stresseurs était probablement plus importante auparavant, la qualité de ces derniers n'est plus du tout la même. De nouvelles compétences sont utiles pour faire face !

 

 

Le stress est souvent présenté comme nécessaire à la performance en entreprise.

 

 

C'est totalement faux ! Au contraire, plus on est calme, plus on est vigilant et efficace. Dans le stress, nous dépensons une très grande quantité d'énergie en émotivité, anxiété ou irritabilité qui n'est pas utilisée pour le raisonnement et l'action efficace. La performance s'en trouve très dégradée, malgré les 'impressions' que nous pouvons avoir. En fait, plus nous sommes calmes plus nous sommes efficaces : la vigilance augmente le contrôle sur la pensée et l'action. La précipitation est toujours l'ennemi de l'urgence !
De manière générale, de nombreuses études ont montré que la productivité augmente avec le calme. Selon le BIT (Bureau International du Travail), le retour sur investissement d'un bon programme de gestion du stress serait de 6 pour 1. L'efficacité immédiate est augmentée, mais également à moyen et long terme la productivité est améliorée,  le nombre d'arrêts de travail diminue…La relaxation fait presque toujours partie d'un bon programme de gestion du stress. En résumé il n'y aucun risque 'd'overdose' de calme : plus je suis calme plus je suis vigilant, plus mon efficacité est bonne et plus la santé est préservée ! Il est assez rare de disposer d'une méthode avec beaucoup de positif et sans effet négatif !

 

 

Pour retrouver le calme, on préconise la relaxation. Comment fonctionne cette méthode ?

 

 

La relaxation, ce n'est pas magique. Il s'agit au contraire d'un phénomène tout ce qu'il y a de plus naturel ! Les animaux, savent parfaitement se relaxer, afin de dépenser le moins d'énergie possible et de favoriser l'efficacité du repos. Observez un chat par exemple ! La relaxation correspond à un état associant une détente musculaire, et un état de calme généralisée, psychologique et physiologique. Presque toutes les méthodes classiques, issues de l'alternance contraction décontraction de Jacobson, des techniques de sensations de poids et de chaleur comme le training autogène de Schultz, la méditation, la sophrologie, l'utilisation de la respiration, etc. sont efficaces à condition d'être correctement entraînées. En pratique les personnes ayant le plus besoin de relaxation sont celles qui arrivent le moins à se détendre. Aussi est-il nécessaire de disposer de méthodes bien adaptées, correctement mise en place par de bons professionnels. Presque tout le monde dans ces conditions peut obtenir un bon niveau de relaxation.

 

 

A qui s'adresse la relaxation ?

 

 

Les indications de la relaxation sont de deux ordres. Premièrement, il y a la maîtrise de son calme en situation. Il s'agit de provoquer des 'crises de calme' lorsque c'est nécessaire. Par exemple si l'on est agressé verbalement par quelqu'un, on peut gérer calmement la situat

 
 

Dernière mise à jour du site le : vendredi 03 septembre 2010 - 08:06